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Quarante ans d’amitié franco-allemande : la stèle
d’une Icaunaise à Berlin
Chantal
de La Chauvinière-Riant, sculpteur, est la créatrice
du mémorial de Gaulle-Adenauer, inauguré à
Berlin pour le 40e anniversaire du traité de l’Elysée.
Les 22 et 23 janvier derniers a été célébré
le 40e anniversaire de la signature du Traité de l’Elysée,
respectivement à Versailles et à Berlin (Allemagne).
Ce traité, relatif à la coopération et à
l’amitié franco-allemande, fut paraphé le 22
janvier 1963 à Paris, par Charles de Gaulle, alors président
de la République française, et Konrad Adenauer, chancelier
de l’Allemagne fédérale. Ce fut l’occasion,
ce 23 janvier 2003, pour le président Chirac et Gerhard Schröder,
chancelier de l’Allemagne réunifiée, d’inaugurer
les nouveaux locaux de l’ambassade de France, en compagnie
d’une foule de personnalités. Parmi celles-ci, les
propres fils des deux signataires du Traité de l’Elysée,
à savoir l’amiral Philippe de Gaulle et le docteur
Max Adenauer, étaient présents. L’ambassade
est située face à la symbolique porte de Brandebourg.
Non loin de là, ce 23 janvier, à proximité
de l’Académie de la Fondation Konrad-Adenauer, les
mêmes dirigeants ont également inauguré un mémorial
de Gaulle-Adenauer, célébrant le fameux Traité.
Ce mémorial est l’œuvre d’une Icaunaise,
artiste professionnelle : le sculpteur et portraitiste Chantal de
la Chauvinière-Riant. Egalement peintre et aquarelliste,
elle est la fille aînée de la famille de La Chauvinière-Tanlay,
propriétaire du château de Tanlay (Tonnerrois).
A quatre mains
Le mémorial de Berlin, son œuvre, est
un haut-relief de bronze représentant Charles de Gaulle et
Konrad Adenauer, se serrant les deux mains. « J’ai trouvé
cela plus chaleureux, moins officiel qu’une poignée
de main traditionnelle », raconte l’artiste. «
D’autant que les deux hommes avaient l’un pour l’autre
une réelle amitié, malgré tous les obstacles,
notamment les conflits entre les deux pays… » Pour Chantal
de la Chauvinière-Riant, ce mémorial et son inauguration
à Berlin « sont une consécration ». En
effet, « c’est la première fois que je conçois
une œuvre au sens historique aussi fort, et un tel déplacement
de personnalités ne peut que faire plaisir à un artiste
». Elle a d’ailleurs été chaleureusement
félicitée par Gerhard Schröder. L’œuvre
en effet a frappé, par son côté chaleureux,
et par le fait que les deux dirigeants y semblent vivants.
« S’imprégner des personnages
»
Une vie que Chantal de la Chauvinière-Riant
tient à faire ressortir de ses œuvres. « Il faut
rentrer dans les personnages, pour les rendre vivants. » Ayant
réalisé en 1998, à la demande des Forces françaises
libres (FFL) un grand médaillon représentant Charles
de Gaulle à Chartres, le sculpteur avait donc déjà
eu l’occasion de « beaucoup étudier » la
personnalité du général. Récemment,
elle a fait de même pour Konrad Adenauer. « J’ai
commencé par lire tous ses discours. » Elle a également
rencontré Hermann Kusterer, qui fut l’interprète
de Konrad Adenauer durant quinze ans, et s’est aidée
de son livre Le général et le chancelier. C’est
ainsi, dit-elle, que « je m’imprègne des personnages,
et que je peux affiner la ressemblance ».
Venue des Arts décos
L’artiste a créé le mémorial
suite à la demande, entre autres, de la fondation Adenauer.
Une fois les premiers dessins effectués, puis présentés
à la fondation, explique-t-elle, « je me suis mise
au travail ». Au bout de six mois de gestation dans l’atelier
parisien du sculpteur, l’œuvre est née. «
Elle a été acheminée à Berlin le 6 décembre
dernier », précise Chantal de la Chauvinière-Riant.
« J’ai eu de la chance. J’en ai d’ailleurs
eu toute ma vie, car j’ai toujours eu le temps de faire ce
que j’aime. » Son art n’est pas consacré
qu’aux mémoriaux historiques. Cette artiste manie bronze,
résine, bois ou torolythe autour de sujets contemporains.
Elle crée d’étonnantes sculptures figuratives
et transparentes, modernes et engagées, qui crient la paix
et la liberté. Les attentats du 11 septembre, Sarajevo ou
encore Bagdad n’ont pas échappé à son
inspiration. Ses œuvres, qu’elle nomme parfois des «
prototypes », font l’objet d’expositions de par
le monde. « J’aime la lumière et c’est
elle que je cherche dans toutes mes œuvres », confie
cette attachante artiste, initialement formée aux Beaux-Arts
puis aux Arts décos.
Yves Allain.
17.02.03 à 04h01
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